Sa vie

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Jean Michel Charlier est né à Liège le 30 octobre 1924 et décédé à Paris le 10 juillet 1989.

Il découvre la bande dessinée à l'âge de 5 ans notamment Hergé dans le "Petit Vingtième", Alain St-Ogan dans le "Dimanche Illustré" et Alek Stonkus.
Il entre à l'université pour étudier le droit (il deviendra docteur en droit) mais continue à dessiner.
Il va faire la connaissance de Georges Troisfontaines, fournisseur de rubriques pour Spirou, et va entamer une collaboration avec ce dernier, ses travaux commençant à paraître dans Spirou en 1944-1945.
La rubrique où l'on trouve ses croquis s'intitule "La page illustrée du C.S.A." et on y parle aviation, aviron et modélisme. Il signe quelquefois sous le pseudonyme de Flettner.

Georges Troisfontaines a créé une agence de production, la World Press, où vont oeuvrer des auteurs tels qu'Albert Weinberg, Jean Graton, Eddy Paape, Jijé et bien d'autres. Charlier va y être associé à un dessinateur issu des Beaux-Arts de Liège, Victor Hubinon.

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A la demande de la WorldPress, les dessinateurs émigrent tous vers Bruxelles pour pouvoir produire leurs planches. Ils cohabitent ensemble, leur salaire global leur permettant juste de se payer une femme de ménage et quelques bières. Hubinon et Charlier partagent le même divan.
"Nous travaillions de neuf heures à trois heures du matin. Nous avions une visite des flics toutes les semaines. Alertés par les voisins, ils venaient voir ce que l'on faisait", racontera Jean-Michel.

Jean-Michel Charlier va alors se poser la question de savoir s'il fait bien de persévérer comme dessinateur. C'est Joseph Gillain (Jijé) qui le décidera à se consacrer au scénario.

Victor Hubinon et Jean-Michel Charlier décident de passer leur brevet de pilote. Comme pour garder celui-ci, il fallait voler régulièrement, ce qui coûtait fort cher, ils décidèrent de passer pilotes professionnels. Ils dessineront durant la semaine et voleront le week-end. Charlier entrera comme pilote à la Sabena, la compagnie aérienne belge, pendant un an avant de retourner à la bande dessinée.
A partir de là, Charlier travaillera pour la World Press, où en plus d'être scénariste il deviendra directeur artistique, et pour l'International Press dirigé par Yvan Chéron, le beau-frère de Georges Troisfontaines. C'est également à cette époque qu'il rencontrera Albert Uderzo.


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En 1953, il se marie avec Christine Lagarigue, mannequin chez de grands couturiers.

Entretemps, Georges Troisfontaines rencontre René Goscinny, à qui il promet du travail. Ce dernier prend le premier bateau pour venir travailler chez World Press mais arrivé chez Georges Troisfontaines, celui-ci ne se souvient plus de René et répond négativement à sa candidature. C'est Jean-Michel Charlier qui insistera pour que l'on engage Goscinny..


Jeune marié et père de famille (Philippe vient de naître le 22 juin 54, le même jour que la fille de Victor Hubinon), Jean-Michel redouble d'activité et avec Uderzo décide de se rebeller contre les éditeurs afin d'obtenir des indemnités décentes pour les auteurs de cette profession car à cette époque, les éditeurs devenaient propriétaires des séries qu'ils publiaient. Une réunion se fait dans un café bruxellois avec divers auteurs de bandes dessinées et ceux-ci créent une charte contenant une vingtaine de propositions.
Le lendemain, Goscinny est viré. Deux des participants ayant vendu la mèche. Par amitié, Jean-Michel Charlier et Albert Uderzo décident de partir également...

Pour pouvoir vivre, il effectuera divers métiers : démarchage, porte-à-porte ou relation publique pour une société de margarine pour laquelle il organisera des visites de chefs d'états africains.

Arrive alors Jean Hébrard, ancien directeur commercial de la World Press. Jean a fait un héritage et propose à nos trois compères de créer deux sociétés : EdiFrance (publicité) et EdiPresse (agence de presse).

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Avec Goscinny, Charlier devient rédacteur en chef de Pistolin, un journal sponsorisé par les chocolats Pupier. Il y crée notamment des nouvelles illustrées par Mouminoux et Uderzo. Il participe aussi à Risque-Tout, un nouveau magazine lancé par Dupuis, fait des enquête pour Benjamin et Goscinny rédige la rubrique savoir-vivre de Bonnes Soirées sous le pseudonyme de Liliane d'Orsay.

Pendant ce temps, une autre idée commence à germer : faire un supplément illustré destiné aux quotidiens. Pour la maquette, on pouvait trouver entre-autre Goscinny, Uderzo, Franquin, Morris, Peyo et bien d'autres dont Jean-Michel Charlier, oeuf corse ! Hélas, l'idée restera à l'état de maquette car les marchands demandaient la somme de vingt centimes pour insérer le supplément.

Depuis presque deux ans, Charlier, Uderzo, Goscinny et Hébrard travaillent sur des projets de magazines pour enfants. Pour la maquette d'un de ces projets, ils réunissent "l'équipe de rédaction" du journal, enfin parmi la vingtaine de personnes, seules cinq ou six travaillent effectivement pour le journal, les autres étant là pour faire sérieux.
Le nom de ce journal : Pilote !!!

 

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Aux quatre de base, il faut encore ajouter François Clauteaux, le premier rédacteur en chef, Hubinon, Mitacq, Forlani, Dagues, Bertret, Ledrain, Nortier, Godard, Poïvet, Combrelle, Saint-Julien, Tillieux, Gigi et Dimpre.
Soutenu par L'Oreal-Monsavon et appuyé par Radio-Luxembourg, financé par deux responsables de Presse de Mont-Luçon, Pilote sort le 29 octobre 1959 et est vendu à plus de 300.000 exemplaires !!!
Charlier expliquait que Pilote était le seul journal de BD conçu comme un grand journal, avec conférence de rédaction.
Pour le journal, Charlier va créer d'innombrables aventures. Se succéderont "Barbe-Rouge", "Blueberry" et "Tanguy et Laverdure" entre autres, mais n'oublie pas pour autant les autres revues auxquelles il collabore : Spirou, Tintin...
Les aventures de "Tanguy et Laverdure" seront d'ailleurs adaptées pour une série télévisée : "Les chevaliers du ciel" avec Johnny Hallyday au générique (non, pour la chanson...faut bien une faute de goût, désolé...) et Jacques Santi et Christian Marin pour représenter nos deux héros. Charlier écrira les treizes premiers épisodes. Le succès est si important qu'une nouvelle série sera commandée.

Après de longues années passées à diriger Pilote avec Goscinny, Jean-Michel Charlier va prendre quelque peu ses distances (1972). Il deviendra directeur littéraire chez Dargaud où il lancera plusieurs collections (Les Grands de tous les temps, collections sur le Far-West ou sur l'Histoire). Dans le même temps, la télévision va l'attirer de plus en plus et après un premier essai avec "Les Chevaliers du Ciel", il va réaliser d'autres séries et téléfilms: "Les diamants du président", "La mer est grande", "Le fou du désert", ainsi qu'une série de reportages pour la troisième chaîne : "Les dossiers noirs" ainsi que "Grandes Enquêtes" pour TF1.
Parmis les sujets traités : l'assassinat de Kennedy, celui de Martin Luther King, la guerre au Katanga, Staviski, le FBI, Léon Degrelle, la Mafia et bien d'autres encore... Ces émissions seront le résultat d'enquêtes minutieuses, de témoignages, de documents rarissimes...

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En 1974, Charlier s'éloigne définitivement de Pilote et des éditions Dargaud, il pense adapter certaines de ses dossiers en bandes dessinées avec Florenci Clavé, jeune dessinateur espagnol. Ces projets n'aboutissent pas et les dossiers noirs paraîtront sous forme de livres, écrits en collaboration avec Jacques de Launay, Marcel Montarron, Pierre Demaret et Jean Marcilly.
En 1975, il devient directeur de la rédaction de la version française du journal Tintin et y publie "Blueberry" et "Tanguy et Laverdure". Il collaborera avec ce journal jusqu'en 1977.
A cette époque, un groupe allemand veut lancer un magazine de BD (SuperAs) à l'échelle européenne. Charlier va participer à l'aventure en devenant le responsable. "Barbe-Rouge", interrompu depuis cinq ans, y reprendra du service.

En 1977, son complice René Goscinny meurt, suivi en 1979 par Victor Hubinon et l'année suivante, c'est Jijé qui nous quittera : trois grandes pertes pour Jean-Michel.

Après l'échec de SuperAs, Jean-Michel va reprendre, pour Novédi, sa vieille idée de supplément BD pour les grands quotidiens. Un numéro 0 ("Extra") voit le jour avec "Barbe-Rouge", "Blueberry", "Buck Danny" et des histoires inédites de Roba, Moebius, Tabary et d'autres...
"Les Chevaliers du Ciel" repartent en mission sur le petit écran et Charlier écrit "Chuck Dougherty, le privé" pour l'Echo des Savanes.
En 1986, Blueberry est prépublié dans Libération.

Le 10 juillet 1989, Jean-Michel nous quitte. Il sera enterré à Saint-Cloud.

 

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