Cliquez sur le lien ci-après et vous pourrez découvrir Anna telle que Philippe Bonifay l'a imaginée au départ de l'aventure de Zoo. Le personnage a subi quelques changements en cours de route mais c'est néanmoins sur cette description de base que Frank se ressource de temps à autre...un véritable document de travail... 

 

Je suis Anna !

 

 

J'ai 20 ans, je viens de Sibérie où je suis morte une première fois un soir d'hiver.

Même si je me dis parfois que c'est pire que la mort car on m'a volé mon âme en même temps qu'on a tué mon mari et abattu notre compagnon ours à cause de la bêtise et de l'incompréhension des hommes.

J'étais belle pourtant et nous étions heureux, Mikaël et moi, avant que cette triste veillée ne détruise notre existence.

Sans mon âme, je ne peux plus vivre...mais je ne peux pas mourir non plus...

Alors j'ai fui et j'ai été chassée aussi...j'étais devenue une femme maudite et il ne me restait plus qu'à chercher une autre vie, un moyen de survivre...
Grâce ou plutôt à cause de mon handicap, j'ai pu trouver du travail dans les fermes, un travail dont personne ne voulait mais que peut espérer une femme sans odorat à part les besognes les plus repoussantes...la question était de savoir jusqu'où je m'abaisserais...

 

 

Puis un jour ma route à croisé celle d'une famille de tziganes qui m'a recueillie, lavée, soignée et vêtue et je suis partie avec eux pour arriver enfin dans cet endroit merveilleux, dans le nord de la France.
J'y fus accueillie par un trio hors du commun : un médecin de campagne qui possédait son propre zoo, un sculpteur animalier plutôt renfermé et une jeune sauvageonne : Manon qui, la surprise passée, m'a acceptée tout de suite...et puis comment résister à son sourire... 

 

 

La présence d'un ours raviva des souvenirs pénibles en moi mais la magie de  l'endroit et de ses habitants me fit comprendre que si je voulais renaître un jour, ce serait ici ou nulle part aussi quand Piotr et sa famille partirent, moi je choisis de rester.

 

Et effectivement la vie tranquille de cet endroit hors du temps me fit le plus grand bien. Je partageais la vie du zoo avec Manon, m'occupais des animaux et j'appris leur langue assez rapidement. La joie de vivre de Manon était si  contagieuse que je m'intégrai dans ce groupe comme s'il avait toujours fait partie de ma vie. 
Lorsque Célestin m'apprit que je ne retrouverais jamais mon odorat, le choc fut rude mais j'avais maintenant assez de force en moi pour reprendre le dessus.

 

 

Un jour ils m'annoncèrent la visite d'un compatriote, chauffeur d'un ami de Célestin. Je me préparai à le recevoir mais lorsqu'il s'aperçut que je n'avais plus de nez, il entra dans une effrayante colère, me traîtant de femme sans âme, de femme maudite...malheureusement pour moi, il connaissait la légende...

 

C'est alors que Manon eut une idée géniale. Ayant constaté que si j'avais perdu  mon odorat, mes autres sens fonctionnaient toujours bien, elle essaya de me faire sentir les choses par association avec certains éléments et...cela a fonctionné, je ne sentais pas vraiment mais je ressentais l'odeur des fleurs...un moment inoubliable...

Mais c'est à ce moment aussi que l'annonce d'un conflit mondial arriva dans le village, la guerre allait changer notre destinée.
Célestin ayant été confronté à une situation particulièrement dramatique, il prit conscience que son rôle était d'aider ces hommes qui partaient au front et non plus de rester à l'abri dans son domaine...mais il fallait annoncer ça à Manon...

L'atmosphère au domaine se fit pesante, Buggy n'arrivait plus à créer, l'administration posait des problèmes financiers et on fut obligé de vendre une de ses sculptures, chose inconcevable pour Manon qui prenait soudain conscience que la vie harmonieuse qu'elle connaissait demandait parfois certains sacrifices.

 

 

L'hiver arriva et la neige me rappela mon pays. Je profitai d'un repas de Noël particulièrement émouvant pour leur raconter mon drame en détail, ayant mis de l'ordre dans mon esprit, je pouvais enfin le faire. 

 

 

Le départ de Célestin fut un moment pénible...insoutenable.

 

 

 

 

 

La survie du groupe dépendait maintenant en grande partie de moi, le rôle de mère m'ayant été naturellement attribué mais serai-je à la hauteur de la tâche...?