Cliquez sur le lien ci-après et vous pourrez découvrir Célestin tel que Philippe Bonifay l'a imaginé au départ de l'aventure de Zoo. Le personnage a subi quelques changements en cours de route mais c'est néanmoins sur cette description de base que Frank se ressource de temps à autre...un véritable document de travail...

 

Bonjour, je m'appelle Célestin de Châteaudouble...

 

 

Je suis médecin de campagne et j'ai hérité de mon père un domaine composé d'un château quelque peu délabré et surtout d'un jardin extraordinaire. Un petit héritage me permettant de l'entretenir, je l'ai transformé en zoo et j'y consacre l'autre partie de ma vie.
J'y vis depuis toujours et ai recueilli Manon lorsqu'elle avait 10 ans, à la disparition de son père mort dans un naufrage. Je l'ai élevée comme ma fille avec tout l'amour dont j'étais capable...même si je n'ai jamais pu lui faire oublier l'image de son vrai père.

Nous vivions ensemble lorsqu'un jour, un curieux bonhomme s'est présenté à nous, il s'agissait d'un sculpteur belge du nom de Buggy qui avait entendu parler d'animaux bizarres hébergés dans un zoo de Normandie.
Nous l'avons accueilli parmi nous, je lui ai donné une chambre, il n'est jamais reparti...
Je crois que Manon l'a aimé très vite, ils se complètent si bien : elle le rend beau, il la rend intelligente... 
Manon est un peu l'âme du zoo, elle connaît tous ses animaux, en a élevé quelques uns et passe plus de temps parmi eux qu'en compagnie d'êtres humains. Elle est instinctive et sauvage, un peu simplette même si parfois bien des vérités sortent de sa bouche. Malheureusement les gens ne sont pas toujours prêts à les entendre...du moins dans la bouche d'une si jeune fille... 

 

Un jour que nous étions en ville pour récupérer du matériel  nécessaire au zoo, nous avons croisé une roulotte de tziganes. Après nous avoir aidés, ils sont restés quelques jours avec nous et nous avons fait la connaissance d'Anna, jeune femme blessée dans sa chair autant que dans son esprit qui s'est vite bien entendue avec Manon au point que lorsque les tziganes nous ont quittés, Anna est restée avec nous...comme ça...naturellement.
Quelques mois plus tard, après s'être complètement intégrée dans notre petit groupe, elle vint me voir pour parler de son problème majeur : la disparition de son nez et des problèmes que cela entraînait dans ses rapports avec les autres. Malheureusement si la science peut guérir certaines maladies, elle ne peut rien concernant la perte des sens.   

 

Une scène pénible a eu lieu alors lorsque nous avions invité le chauffeur d'un ami député. Russe comme elle, nous avions pensé que leur rencontre pourrait être bénéfique à Anna mais un incident étrange lui a fait plus de tort que de bien. Nous n'avons appris le motif que bien plus tard...

Un autre événement, beaucoup plus important s'annonçait, des rumeurs de guerre circulaient et, un peu à l'écart du monde, nous ne savions pas trop quoi en penser jusqu'à ce jour du 2 août 1914 où l'ordre de mobilisation générale fut affiché partout...la fin de notre période de paix commençait...

 

Une explosion dans une usine proche me mit face à des situations pénibles qui m'ont amenées à réfléchir sur le rôle que je pourrais jouer dans cette guerre naissante. Je ne pouvais pas rester sans rien faire alors que des jeunes gens partaient au massacre et que moi je restais bien à l'abri dans mon domaine.
Je suis médecin avant tout et seulement après, propriétaire de notre petit paradis. Mais comment l'annoncer à Manon ?

 

 

 

Ne sachant pas trop comment faire, j'ai décidé de passer un peu de temps avec elle dans notre zoo mais son innocence, son sourire et ses grands yeux m'ont empêché de le faire...je le ferai plus tard...plus tard...

 

Un autre aspect devenait inquiétant. Anna s'étant occupée de la comptabilité, il apparût que nos finances n'étaient pas au plus haut et il a fallu se résoudre à vendre quelques sculptures de Buggy ce qui a bien entendu entraîné la fureur de Manon.

L'hiver arriva et un soir où je me promenais en sa compagnie, Manon me demanda de lui parler de son père. C'était la première fois mais comme elle avait senti que j'allais m'en aller, elle avait tenu à ce que je lui explique ce qui s'était passé. Dans ses rêves, elle voyait son père partir sans pouvoir le rattraper et il lui semblait que la même chose arrivait avec moi...elle avait peur...

C'est également vers cette fin d'année qu'Anna nous raconta son histoire, triste histoire, mais sa présence parmi nous lui avait donné petit à petit le courage d'enfin se livrer à ce qu'elle considérait maintenant comme sa nouvelle famille.
Et c'est peu avant mon départ que Manon nous a montré ses fils de mémoire, idée géniale de représenter par des ficelles et des noeuds de couleur les moments importants de notre vie afin que je n'oublie pas...comme si je pouvais oublier...

 

La séparation fut dure, un moment insoutenable mais je savais que le zoo serait en de bonnes mains et que si Manon veillait sur lui, Buggy et Anna veilleraient sur Manon.

 

Ma véritable question était de savoir quelles horreurs j'allais découvrir maintenant...